De quel pourcentage de notre cerveau avons-nous besoin pour être fonctionnel? La question intrigue les médecins depuis longtemps, mais n’est pas facile à répondre, puisque ce n’est pas le genre de test auquel qui que ce soit voudrait se soumettre.
D’emblée, il faut oublier la légende urbaine selon laquelle nous n’utiliserions que 10% de notre cerveau. Cette affirmation est fausse: tout dépendant des tâches accomplies dans une journée — lire un roman, faire un calcul mathématique, conduire une voiture, se rappeler un souvenir heureux, rêver, etc. — toutes les régions du cerveau vont être tôt ou tard utilisées.
Il existe pourtant des gens qui ont été victimes d’un traumatisme crânien ou d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ayant endommagé une partie de leur cerveau. À l’évidence, après une période d’adaptation, le cerveau a démontré qu’il était capable de poursuivre son travail. Or, après des décennies passées à étudier ces cas, sommes-nous en mesure de dire s’il y a un seuil minimal?
La réponse, résume le magazine Live Science après avoir interrogé plusieurs neurologues, est qu’il y a probablement une zone grise, plutôt qu’une limite fixe. Plusieurs facteurs entrent en cause — la nature de l’accident, la région du cerveau affectée, l’âge de la personne, etc. Mais même une fois que l’on a dit ça, certains cas extrêmes ont surpris les experts eux-mêmes: par exemple, « EG », une femme à qui, selon une étude parue en 2022, il manquait la totalité du lobe temporal gauche — et il a fallu un « scan » du cerveau pour le découvrir. Situé près de l’oreille, ce lobe est censé être responsable de l’audition, de la mémoire et du langage, alors que la femme en question n’avait apparemment aucun problème.
Les neurosciences ont établi depuis longtemps que le cerveau est suffisamment malléable — et c’est encore plus vrai chez les enfants — pour pouvoir créer de nouvelles connexions lorsque les circonstances l’imposent.
C’est ce qui s’est passé avec cette femme —, mais à une échelle qu’on n’avait pas observée jusque-là. Le neurochirurgien William Bingaman, de la Clinique de Cleveland, émet l’hypothèse que le cerveau serait capable de continuer à s’ajuster s’il perdait jusqu’à la moitié de sa masse.
Mais il y a des parties du cerveau qui seraient plus essentielles que d’autres: des structures situées dans les profondeurs de notre matière grise, qui sont responsables des fonctions de base comme la respiration et le rythme cardiaque.