Tout premier film de Francis Lawrence, c’est en 2005 qu’est paru Constantine, un thriller surnaturel adapté de la bande dessinée Hellblazer, et pour souligner le vingtième anniversaire de sa sortie, les studios Warner lancent une version en ultra-haute définition.
John Constantine est un occultiste, un démonologue, un exorciseur, un malotru et un manipulateur ne reculant devant aucune bassesse pour atteindre ses fins. Fumant comme une cheminée depuis des années, il est atteint d’un cancer du poumon en phase terminale, et crache du sang lorsqu’il tousse. Il ne lui reste plus que quelques mois à vivre, et il sait qu’après sa mort, il ira directement en enfer en raison des gestes posés dans son passé.
Après avoir réussi de justesse à chasser un démon ayant pris possession d’une jeune fille, il fait la rencontre d’Angela Dodson, une policière dont la sœur jumelle, Isabel, s’est supposément suicidée, ce qu’elle refuse de croire. Elle sollicite alors l’aide de Constantine, et ce dernier découvre que son décès semble lié à la recrudescence d’entités démoniaques sur Terre. Il devra donc élucider ce mystère avant que Mammon, le fils de Satan, ne parvienne à naître dans notre monde.
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Premier long-métrage de Francis Lawrence (qui signera plus tard des œuvres beaucoup plus abouties, comme I Am Legend et plusieurs des volets de la franchise The Hunger Games), Constantine est une adaptation de la bande dessinée Hellblazer publiée chez DC Comics, mais malheureusement, le film ne respecte pas beaucoup le matériel dont il s’inspire.
Il peut sembler s’agir d’un détail, mais ce personnage, foncièrement Britannique, est Américain dans cette version, ce qui enlève beaucoup à la personnalité de l’antihéros. Axer une large partie de son intrigue sur le fait que, dans la religion catholique, les suicidés sont condamnés à l’enfer, apporte en plus un angle très judéo-chrétien à l’ensemble, ce qui atténue le côté mature de l’œuvre originale. Penser que John Constantine chercherait à commettre un acte de rédemption afin de gagner une place au paradis, c’est très mal connaître le sulfureux sorcier.
Le plus gros problème de Constantine se trouve dans le choix de Keanu Reeves pour interpréter le rôle principal. L’acteur ne ressemble pas du tout aux dessins de John Constantine, était beaucoup trop jeune en 2005 pour incarner ce vieux routier, et ne possède ni son cynisme, ni son sens implacable de la répartie. Sa performance figée et sans nuances est aisément la moins bonne du film, qui compte une distribution débordant d’acteurs talentueux dont Pruitt Taylor Vince, Rachel Weisz, Tilda Swinton, Djimon Hounsou, Peter Stormare, et un jeune Shia LaBeouf âgé d’à peine 19 ans.
Bourré d’effets visuels, de créatures surnaturelles (dont une entité composée de milliers d’insectes), de démons, d’anges, et de visions de l’enfer où des millions de damnés sont torturés pour l’éternité, le long-métrage méritait une version 4K, et dotée de noirs profonds et de couleurs saturées et vibrantes, la remasterisation est impeccable.
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En plus du film sur disque 4K, l’édition ultra-haute définition de Constantine inclut également un code pour télécharger une copie numérique, et plus de deux heures de matériel supplémentaire, dont douze scènes retirées du montage, une fin alternative, et deux pistes de commentaires, la première livrée par Francis Lawrence et le producteur Akiva Goldsman et la seconde par les scénaristes Kevin Brodbin et Frank A. Capello. On retrouve en plus pas moins de quatorze revuettes sur l’édition, qui dévoilent les coulisses de plusieurs séquences du long-métrage, abordent la conception des décors, des maquillages des créatures surnaturelles ou des artéfacts magiques, ou s’attardent aux comics d’Hellblazer et au personnage de John Constantine. On retrouve même une entrevue du réalisateur et de Keanu Reeves enregistrée spécialement pour souligner le vingtième anniversaire du long-métrage.
En tant que thriller surnaturel, Constantine n’est pas un mauvais film, mais, paradoxalement, cette adaptation de Hellblazer plaira surtout à ceux et celles qui ne connaissent pas trop les comics. Les lecteurs de longue date devraient plutôt se tourner vers la série télé de 2014, où le personnage est joué de main de maître par Matt Ryan.
6.5/10
Constantine
Réalisation: Francis Lawrence
Scénario: Kevin Brodbin et Frank A. Cappello (d’après les comics de Jamie Delano et Garth Ennis)
Avec: Keanu Reeves, Rachel Weisz, Shia LaBeouf, Djimon Hounsou, Pruitt Taylor Vince, Tilda Swinton et Peter Stormare
Durée: 121 minutes
Format : UHD (4K et copie numérique)
Langue : Anglais, français et espagnol