Qui a tué? Qui a tué le chef du personnel de la Maison-Blanche, en plein dîner protocolaire, qui plus est? Pour tirer la chose au clair, on fera appel à une bien étrange détective, Cordelia Cupp, qui s’intéressera autant aux oiseaux qu’à la vérité dans The Residence.
Adaptée du livre du même nom écrit par Kate Andersen Brower, The Residence est une minisérie en huit épisodes diffusée sur Netflix depuis le 20 mars dernier.
On y découvre donc cette Mme Cupp, un personnage absolument hors norme – un peu comme si Sherlock Holmes se mettait à l’ornithologie, mais sans la suffisance, ou encore le côté insupportable du personnage interprété par Benedict Cumberbatch –, qui devra non seulement démêler les relations parfois tendues entre la famille présidentielle et les plus de 150 employés de la plus célèbre résidence d’État au monde, mais aussi louvoyer à travers les guerres d’influence et les luttes de pouvoir. Le tout en quelques heures seulement, s’il vous plaît!
Dans la plus pure tradition du whodunit, on nous combinera séquences déductives, interrogatoires, révélations, retours en arrière, voire même de bonnes doses d’humour… Le tout, proposé en huit épisodes d’environ une heure chacun, représente un tour de force télévisuel qui, s’il n’est pas parfait, n’en est pas moins une grande réussite.
On appréciera ainsi les nombreux clins d’oeils, références et traits humoristiques saupoudrés ici et là, notamment les titres des épisodes, qui sont tous des titres d’oeuvres policières, ou encore provenant de thrillers et autres enquêtes.
Quant à ce personnage de la détective, cette Cordelia Cupp excentrique au possible, il est porté bien haut par Uzo Aduba, que l’on a entre autres pu voir dans Orange is The New Black, et qui semble ici franchement bien s’amuser. Sans jamais trop en faire, mais tout en conservant un certain « niveau » de frivolité, si l’on puis dire, la détective est à la fois complètement irréaliste et étrangement terre à terre.
On déplorera, peut-être, la participation trop courte de Giancarlo Esposito, mais puisque celui-ci interprète le chef du personnel, il va de soi qu’à l’exception des retours en arrière, son personnage ne dira pas grand-chose, une fois passé de vie à trépas.
Il y aura aussi, au cours de ces huit épisodes, certaines longueurs. On va ainsi évidemment étirer la sauce jusqu’au dernier moment, en ne dévoilant l’identité du ou des tueurs qu’à quelques minutes de la fin. S’il y aurait certes matière à resserrer un peu le tout, nous sommes franchement loin de la perte de temps.
Audacieuse, intrigante, parfois joyeusement amusante, la minisérie The Residence est une oeuvre parfaitement contenue en elle-même qui permet d’atteindre l’objectif principal de ce genre de contenu télévisuel: nous sommes certainement divertis, et divertis de façon intelligente, qui plus est. Que demander de plus?