Si l’interdiction de l’application mobile TikTok, soupçonnée de représenter une menace envers la sécurité nationale, obtenait la faveur de la moitié des Américains, il y a deux ans, cette idée a depuis largement perdu des plumes, révèle une nouvelle enquête.
En effet, selon les données du Pew Research Center, à peine environ le tiers des répondants américains (34%) sont toujours du même avis. Cette interdiction, qui n’aura techniquement duré que moins de 48 heures, découlait d’une obligation, imposée à ByteDance, la compagnie mère de TikTok, de scinder ses activités et s’assurer que les données des utilisateurs américains soient stockées aux États-Unis.
Cette obligation, qui équivaut en gros à ce que ByteDance vende l’ensemble de sa très populaire plateforme numérique, a été repoussée au 5 avril par l’administration Trump, à son arrivée à la Maison-Blanche. Et en date de jeudi, le président a laissé entendre qu’il pourrait de nouveau retarder cette transaction, en plus d’abaisser les droits de douane imposés à la Chine, si cela peut faciliter la vente.
Et si environ le tiers des répondants à l’enquête souhaitent toujours que TikTok soit banni, le dossier demeure polémique: environ la même proportion (32%) croient que la menace d’interdiction devrait disparaître, alors que le tiers restant ne peuvent se prononcer.
Malgré cette indécision, près de la moitié des personnes interrogées (49%) considèrent toujours que l’application est une menace pour la sécurité nationale des États-Unis, une baisse de 10 points de pourcentage par rapport à mars 2023.
Outre cette question de la sécurité des données – les compagnies technologies chinoises ont, affirme-t-on, l’obligation de collaborer avec le pouvoir central de Pékin, ce qui pourrait vouloir dire favoriser l’espionnage des utilisateurs –, les participants à l’enquête évoquent une série d’autres raisons. Ainsi, les tenants de l’interdiction sont 54% à croire que l’ampleur des fausses informations qui circulent sur la plateforme justifie son bannissement.
Par ailleurs, 46% jugent que l’application devrait être interdite, car les gens « y consacrent trop de temps ».
Fait intéressant, 45% des répondants qui n’utilisent pas l’application se sont dits en faveur de son interdiction, rapporte le Pew Research Center, contre seulement 12% de ceux et celles qui s’en servent.
Une attaque contre la liberté d’expression?
Chez les participants s’opposant à la disparition de TikTok, on cite généralement la protection de la liberté d’expression comme argument principal; ainsi, près des trois quarts (74%) de ces opposants estiment que faire disparaître la plateforme s’inscrirait en faux par rapport au premier amendement de la Constitution.
Par ailleurs, près des deux tiers des répondants (63%) soutiennent que TikTok fournit de l’information et du divertissement aux internautes, et ne devrait donc pas être interdit.
Enfin, quelque 61% des participants croient que les preuves contre le service ne sont pas suffisantes, alors que 48% soutiennent qu’une telle interdiction nuirait à ceux et celles qui s’appuient sur la plateforme pour engranger des revenus.