Gilles Archambault, pour moi, c’est comme un compagnon de toujours. Je l’ai entendu longtemps à la radio, parler de jazz et de littérature. Je l’ai aussi lu, à plusieurs reprises. C’est donc avec une certaine hâte que j’attendais la sortie, chez Boréal, de son plus récent recueil de nouvelles intitulé Les années s’écoulent lentes et légères.
Grand bien nous fasse, le vieux Gilles n’a pas perdu sa verve ni son style si personnel. Dans ce recueil, on retrouve vingt-deux histoires et vingt-deux personnages narrateurs. En y regardant bien, on pourrait croire que ces narrateurs sont tous des versions imaginées de l’auteur.
Car, voilà, ils se ressemblent. La plupart sont âgés ou, du moins, matures. Ils sont souvent désabusés, déçus par la vie. Ils s’estiment peu mais ne se détestent pas. Ils ont des histoires d’amour ou de quasi-amour qui se sont mal terminées : amoureuse qui les a largués, compagne qui les a faits veufs. S’ils ont été pères, ils ne sont pas certains d’avoir été pertinents, d’avoir été assez présents.
Sont-ils dépressifs? Parfois. Sont-ils déprimants? Sans doute pas. Sont-ils nostalgiques? À l’occasion. Sont-ils sages? On aime à le croire.
Ce n’est pas la première fois que la plume de Gilles Archambault nous fait réfléchir sur l’approche de la mort. La vieillesse avec son lot de problèmes de santé, sa litanie de souvenirs marquants et d’oublis des insignifiances. Même si ce recueil de nouvelles ne brille pas par son enthousiasme, son côté hop la vie, sa lecture a le pouvoir de faire du bien. Peut-être parce qu’on reconnaît des proches ou qu’on se reconnaît soi-même, cet ouvrage, nous aurions pu l’écrire un jour, chacun de nous, pour peu que nous ayons un talent égal à celui d’Archambault. Ce cher Gilles nous annonce la fin, tout en nous racontant le début.
On ne veut pas en manquer un seul épisode.