Le 5 février dernier, à la ToHu, avait lieu la première montréalaise de Duck Pond, un spectacle de la troupe de cirque australienne Circa, qui en était à sa douzième visite dans la métropole.
La situation est posée: le simple canard devra surmonter nombre d’épreuves pour obtenir le privilège de devenir un gracieux cygne. Et de la grâce il y en aura à revendre, dans la majeure partie de ce spectacle qui offrira aussi un décor simple et efficace, des éclairages près de la perfection et des musiques très bien choisies.
Il m’est parfois arrivé de considérer qu’il y avait trop de danse et pas assez de cirque dans certains spectacles offerts à la ToHu. Dans celui-ci, presque tout est chorégraphié, mais les acrobaties, les main à main et autres roulades parviennent à maintenir une très agréable ambiance circassienne.
Le premier numéro, avec les rubans, s’est avéré d’un romantisme et d’une beauté à couper le souffle. La suite n’a pas toujours été spectaculaire, mais s’est mérité nombre d’applaudissements étonnés ou admiratifs, jusqu’à l’apothéose où le canard devient enfin cygne… et choisit le cygne comme compagnon, plutôt que le roi, qui en reste bien marri.
Jusque-là, le seul numéro décevant fut celui dans lequel le cygne noir effectue une prestation de dominatrice. À ce moment-là, nous nous disions tout de même que nous avions assisté au plus magnifique spectacle de cirque, sur le plan visuel. La partie clownesque était, elle aussi, plutôt réussie avec un savant dosage de rigolades et d’acrobaties.
Le spectacle est donc terminé, croit-on. Mais voilà que s’ajoute un numéro de hula hoop venant de nulle part, avant que que les artistes ne ramassent le décor et les accessoires, pour ensuite être présentés, tour à tour, dans des boîtes comme des travailleurs et travailleuses du sexe dans une vitrine à Amsterdam. Quel dommage!