Développé par les gens de chez Vostok Games, et propulsé par l’éditeur Focus Home Interactive, Fear the Wolves est un jeu de tir à la première personne qui s’inscrit dans la lignée des Player Unknown’s Battlegrounds (PUBG) et autres jeux de type Battle Royale.
À l’image des titres du genre, Fear the Wolves jette plusieurs dizaines de joueurs dans une mêlée mortelle disputée sur un territoire désert où pullulent les cachettes, les armes et l’équipement à récupérer. Les adversaires devront rivaliser d’adresse, de discrétion – ou carrément de chance – pour survivre, afin qu’à l’image des films Highlander, il n’en reste plus qu’un.
Cette fois, les développeurs ukrainiens se sont très largement inspirés des rumeurs et des mythes entourant l’accident nucléaire de Tchernobyl, justement survenu en territoire ukrainien en 1986. Les joueurs se livrent bataille sur un territoire émaillé « d’anomalies », des bulles radioactives apparaissant au hasard dans la zone des combats. Dans le même ordre d’idées, plutôt que de disposer d’une « bulle » énergétique qui se referme lentement, à l’image de PUBG, les zones interdites émanent ici de sources de contamination nucléaire qui croissent à différents endroits de l’arène de combat en même temps.
Ajoutez à cela des loups sauvages qui s’attaquent vicieusement aux joueurs, et vous obtenez un certain potentiel de différenciation face à PUBG et à Fortnite, les deux grands joueurs du genre.
Plusieurs accrocs
Hélas, posséder un fond de potentiel n’est pas suffisant, pas dans un marché qui est déjà surchargé et saturé jusqu’à satiété.
Certes, le jeu est toujours en accès anticipé, ce qui laisse entendre que les capacités graphiques de l’engin Unreal ne sont pas encore utilisées à plein escient, par exemple, et que le jeu n’est pas prêt pour un lancement officiel, mais peut-être faut-il justement déjà s’affairer à corriger quelques incongruités avant de s’enfoncer plus avant dans les sables mouvants du développement de jeux vidéo.
D’abord, et ce premier tracas tient certainement du dilemme de l’oeuf ou la poule, attendre 15 minutes pour trouver suffisamment de joueurs pour lancer une seule et unique partie donne une bonne idée du peu d’intérêt pour Fear the Wolves. On pourra certainement arguer que le titre n’est justement pas ou peu connu, et que c’est en offrant cet accès anticipé que l’on développera la clientèle, mais est-il réellement impossible de trouver 40 joueurs en Amérique du Nord, au point de proposer à ce journaliste de changer de serveur pour plutôt se tourner vers l’Europe. Et là encore, il faudra attendre plusieurs longues minutes pour qu’un match puisse débuter. De quoi faire passer l’envie de tester le titre en question.
Ensuite, Fear the Wolves a quelques bonnes idées, mais celles-ci sont mal exécutées. N’a-t-on vraiment pas trouvé d’autre moyen de transport, pour parvenir sur l’île où auront lieu les combats, qu’un sempiternel engin volant? PUBG a son avion, Fortnite a son autobus (!), et Fear the Wolves a son hélicoptère. Le concept a rapidement mal vieilli.
Ce qui coince, surtout, c’est que la multiplication des dangers naturels de la zone de combat – la radiation, les anomalies, les loups – empêche de vraiment se concentrer sur l’adversaire humain, celui qui devrait être le plus dangereux d’entre tous. Au lieu de cela, une balade en voiture s’est terminée le nez dans la radiation mortelle, sans que l’on puisse éviter la catastrophe.
Enfin, les développeurs font varier les conditions climatiques, faisant entre autres apparaître du brouillard, ou rendant plus difficile l’observation des anomalies déjà quasiment transparentes. Encore une fois, l’idée est bonne, mais tout est trop sec, trop carré, trop soudain.
À pouvoir changer tout ce que l’on souhaite, on ferait disparaître cet aspect Battle Royale pour plutôt offrir une expérience coopérative, à quatre joueurs, par exemple, dans le même environnement de Tchernobyl, mais en disposant cette fois du temps nécessaire pour véritablement mettre de l’avant le côté risqué du territoire.
De fait, il faudrait en faire un S.T.A.L.K.E.R. coopératif.
Mais si l’on tient mordicus à produire un autre Battle Royale, la pente sera rude pour espérer jouer dans la même cour que les deux grands joueurs du milieu.
En attendant, évitons cet accès anticipé, qui a encore bien des croûtes à manger.
Fear the Wolves
Développeur: Vostok Games
Éditeur: Focus Home Interactive
Plateformes: Xbox One, PlayStation 4, Windows (testé sur Windows)
2 commentaires
Pingback: Tencent contrôlera ses jeux à la demande de la Chine
Pingback: Green Hell: l’enfer, c’est les autres